[ITV] Tha Boogie, duo singulier dans le sillon de Raphael Saadiq + "Keepsake" (audio/free DL)


Apologizing in advance to my non French-speaking readers, as I won't be able to post a translation of the following interview this time (well, I would actually need an extra life to find the time to release it). So I guess it means you will have to rely on our friend Google for this one, and though I'm not sure it will do the text justice, hopefully, you'll be able to get most of it.
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Déjà près de quatre ans que les californiens de Tha Boogie tracent leur route sur le circuit indépendant américain. Leur carrière prendra cependant un surprenant virage lorsque un petit miracle de réseau-socialisation leur permettra de taper dans l'oeil, et les oreilles averties, de celui qui finira par devenir leur mentor, le musicien et producteur Raphael Saadiq. Longtemps dans l'ombre de leur illustre parrain, ce dernier vient de leur offrir une opportunité en or, en les conviant à assurer les premières parties de sa récente tournée européenne.

Je ne m'en cache plus, et vous n'êtes pas sans l'ignorer si vous lisez régulièrement ces pages, tout ce qui tourne autour de la galaxie saadiquienne m'interpelle. Une présentation du groupe en bonne et due forme s'imposait logiquement sur Mysoul, alors après quelques échanges et une première rencontre un peu fortuite dans les allées de l'Olympia, il était temps de lever le voile sur Tuko et James Jet, alias Tha Boogie. C'est donc dans les coulisses de l'ultime date du "Stone Rollin' Tour", dans la moiteur d'une Cigale pleine à craquer et survoltée en ce 14 mars 2012, que l'occasion m'a été donnée de m'entretenir avec ce duo d'iconoclastes, dont le tubesque "Keepsake" squatte ma playlist depuis maintenant plusieurs semaines.

Mysoul : Le groupe que vous formez a connu une évolution récente avec le départ de la chanteuse Korus, et vous opérez désormais en tant que duo. Que s'est-il passé ?

Tuko (Tha Boogie) : En fait, Korus est ma cousine, et si elle ne nous a pas accompagnés ici en Europe, je dirais que c'est pour des raisons de timing, des disponibilités et envies des uns et des autres à un moment donné... C'est un peu difficile à expliquer, mais c'est la meilleure façon de résumer la situation. Mais nous travaillons toujours ensemble, nous étions encore sur Skype avec elle l'autre soir lors de notre passage en Belgique. Nous continuons donc à faire de la musique ensemble, mais plus sous forme de trio. Nous avons tous évolué vers quelque chose de différent, c'est donc probablement mieux que le groupe se recentre et qu'elle puisse faire ses propres trucs de son côté.

James Jet (Tha Boogie) : Nous adorons travailler avec elle. Tu sais, nous étions tous auteurs, compositeurs et producteurs chacun de notre côté avant de former un groupe, chacun avec sa propre identité. La base du groupe, c'est de rentrer dans une pièce et de créer de la musique ensemble. Et c'est ce que nous allons continuer à faire.



Mysoul : Cette évolution a-t-elle eu un impact sur votre processus créatif, sur la manière dont vous abordez l'écriture des morceaux ?

James Jet : Du point de vue de la production, de l'identité musicale, je ne crois pas que ça ait vraiment eu d'impact. En même temps, c'est Tuko qui effectue le travail d'écriture, et moi qui produis. Donc je veux bien croire que ça ait plus impacté le groupe en terme d'écriture, le fait de ne plus avoir de voix féminine sur les morceaux. Moi, tout ce que j'ai à faire c'est de me concentrer sur la production, alors que lui écrit les textes pour chacun de nous.

Tuko : Ça a effectivement eu quelques répercussions car quand j'écris les morceaux, avant toute chose, je dois trouver une approche qui puisse fonctionner pour deux interprètes masculins. Ce n'est pas la chose la plus courante qui soit, d'avoir deux chanteurs dans un même groupe. En terme de contenu, et dans cette configuration, c'est quelque chose de plus simple à faire que pour un trio, où je devais écrire des textes "unisexes", plus neutres. Une voix féminine est aussi un atout qui peut donner une dimension plus commerciale à un titre. Je ne devais donc pas perdre cet aspect de vue en essayant de trouver une nouvelle approche tout aussi fédératrice.

Mysoul : Envisagez-vous, à terme, de remplacer Korus et d'intégrer une nouvelle interprète féminine dans le groupe ?

James Jet : Non... On adore les voix féminines, et nous sommes toujours partants pour enregistrer toutes les collaborations qui soient avec des chanteuses. Mais pour ce qui est d'intégrer un autre membre ou une nouvelle chanteuse au groupe, non.

Mysoul : Votre son est une fusion de différents éléments, il est donc difficile de vous coller la moindre étiquette, voire même de clairement déterminer le genre musical auquel vous appartenez. Comment décririez-vous votre style ?

James Jet : (rires) Oh, et bien nous allons essayez ! Disons que nous faisons de la musique Pop alternative, à laquelle s'ajoute de nombreux autres éléments comme des influences Soul ou Funk... C'est assez difficile à définir, tu sais.

Mysoul: Que signifie justement pour vous le fait de vous présenter comme un groupe "alternatif" ?

Tuko : Le mouvement alternatif a émergé à la toute fin des années 80 ou au début des années 90 et pour moi, il s'agissait de se présenter comme une réponse aux courants musicaux généralistes de l'époque. Un groupe qui ne faisait pas du Rock au sens traditionnel était considéré comme alternatif, et je pense que c'est une démarche qui nous définit bien, même si ça semble un peu flou. Car dans un sens, nous venons de deux univers complètement différent. Quand James produit un morceau, il a sa propre vision, sa propre conception de la musique et ses propres références dont il tire son inspiration. Quand j'écris un texte, mes influences sont totalement différentes. Une fois que nous aboutissons au produit fini, alors nous laissons le soin à l'auditeur de décider.

                       

Mysoul : Vous êtes connus pour être les protégés de Raphael Saadiq, qui vous a d'ailleurs invités en première partie de sa dernière tournée. Comment l'avez-vous rencontré et qu'est-ce qui vous a poussé à travailler avec lui ?

Tuko : Myspace ! On connait Raphael depuis quatre ans maintenant.


Mysoul : Ah ? C'est donc aussi simple que ça de rentrer en contact avec lui ? Il suffit de le capter sur un réseau social ?

Tuko : Non, je ne crois pas. Car Raphael, c'est vraiment quelqu'un d'assez... imprévisible ! Donc le fait qu'il nous ait répondu de façon aussi spontanée, en nous disant tout simplement "les gars, j'aime bien ce que vous faites, voici mon numéro", je ne crois pas nécessairement qu'il fasse ça tout le temps. Disons que nous sommes très heureux de l'avoir contacté au bon moment, un jour où les circonstances ont fait qu'il a eu envie de nous répondre à ce moment précis. Il ne s'agissait même pas de le solliciter pour quoi que ce soit à la base. On l'a juste abordé en lui disant qu'on appréciait son travail, et qu'on serait honoré de pouvoir éventuellement travailler avec lui dans le futur. C'est tout. On ne s'imaginait pas une seconde qu'il allait nous répondre et nous demander de l'appeler (rires) !

Mysoul : Vous l'avez donc appelé. Que s'est-il passé ensuite ?

Tuko : Oui, j'ai pris connaissance de son message et j'ai dit aux autres : "Vous savez quoi ? Raphael Saadiq vient de nous donner son numéro de téléphone !". Ensuite, j'ai appelé ma mère, qui m'a dit "Oh, vraiment ? Et bien, dans ce cas, appelle !". Elle avait une façon très rationnelle de prendre la chose (rires) ! J'ai donc appelé mais je me rappelle que ce jour là, j'avais de gros problème de réseau téléphonique à mon domicile, et j'avais tellement peur que l'appel soit coupé. Je me suis donc assis à un endroit sur mon lit où je captais, et je n'ai plus bougé d'un millimètre. J'étais un peu nerveux à l'idée d'appeler car je ne savais pas s'il allait se contenter de m'écouter et d'attendre que je l'impressionne. En réalité, c'est plutôt le genre de personne vraiment cool, qui sait te mettre à l'aise. Il a donc mené presque toute la conversation, en me disant qu'il aimait ce que l'on faisait et qu'il aimerait nous aider. Ensuite, disons deux ou trois semaines plus tard, on a fini par le rencontrer à son studio à L.A., et c'est à partir de là qu'il est devenu une sorte de "mentor" pour le groupe.

Mysoul : Dans quelle mesure s'implique-t-il dans le développement de votre carrière ? Est-ce qu'il prend part à l'écriture et à la production des morceaux ?

James Jet : Ce qui se passe, c'est qu'il nous envoie en studio, et il nous laisse le champ libre, sans jamais s'immiscer dans notre créativité. Il peut passer de temps en temps et faire quelques suggestions, mais en gros, il nous laisse faire exactement ce que nous voulons. Et c'est pour cette raison que c'est quelqu'un avec lequel il est si agréable de travailler, car il sait aussi être présent si le besoin s'en fait sentir. C'est comme ça que l'on fonctionne. Il nous laisse une liberté artistique totale, il nous laisse être nous-mêmes.

Tuko : Et l'une des choses qu'il nous a dite, c'est qu'il tenait à nous observer, mais aussi à nous servir de rempart face aux personnes qui pourraient justement tenter de nous ôter ce contrôle créatif que nous possédons. Il souhaite faire en sorte que l'on puisse conserver notre singularité, ce qu'il a apprécié chez nous au départ. C'est pour cela que lui-même ne souhaite pas intervenir dans les compositions. Nous n'avons fait que deux chansons avec lui en quatre ans. A chaque fois, il a juste débarqué dans le studio en nous disant : "C'est quoi ce morceau ? J'aime bien, je vais jouer dessus !".

James Jet : Effectivement, il a joué de la basse sur deux de nos titres.

Tuko : Oui, il a aussi joué de la guitare sur notre titre "Peter Parker" , qui se trouvait sur notre dernier EP.

 

Mysoul : Revenons-en à votre style musical et votre singularité. Vous ne correspondez pas a priori aux standards imposés par les formats radios américains. Seriez-vous prêts à faire des concessions pour séduire les programmateurs radios ?

(NDLR : en choeur et sans la moindre hésitation) James/Tuko : Non !!!!

Tuko : Enfin, tout dépend. S'il s'agit d'évoluer et de se perfectionner, oui. Mais cela ne doit pas être uniquement dans le but de séduire les radios, parce que ce n'est pas nécessairement parce qu'on a un titre qui passe en radio ou même parce qu'on fait un "hit" qu'on construit une carrière. Alors sacrifier son style pour tenter d'obtenir un succès en radio, je ne crois pas que ce soit très judicieux pour nous. Je pense au contraire que nous devons continuer à suivre notre instinct.

Mysoul : Sur votre dernier single, "Keepsake", on distingue quelques unes de vos influences, notamment du côté de Timbaland mais aussi du groupe The Cure. Ai-je vu juste ?

James Jet : Tim, c'est vraiment la base de notre culture musicale. Clairement. Timbaland et Missy, The Neptunes et tout le mouvement qu'ils ont initié avec les Kelis, Clipse et tous les artistes de cette époque. Ce sont vraiment nos références, c'est aussi ce qui nous a réunis. Timbaland et Missy sont les artistes qui nous ont donné envie de faire de la musique, on a grandi en les écoutant, alors c'est assez marrant que tu les cites. Et on adore aussi The Cure. Robert Smith, c'est sûrement l'une des principales influences de Tuko.

Tuko : Oui, sur le plan vocal, totalement !



Mysoul : Votre nouvel EP s'intitule "Good Luck Charlie Vettuno". A quoi ce titre fait-il référence ?

James Jet : En fait, je vivais sur Vettuno Court. C'était le nom de ma rue quand j'habitais à Rancho Cucamonga (NDLR : ville de la banlieue Est de Los Angeles). Quand nous nous sommes connus au lycée, c'est là que le groupe a en quelque sorte débuté. C'est dans cette maison que nous avons créé le groupe Tha Boogie et nous avons même installé notre premier home studio dans mon garage. Comme aujourd'hui nous avons quitté Rancho pour nous installer à Los Angeles et nous investir pleinement dans notre carrière musicale, l'expression "Good Luck Charlie Vettuno" signifie tout simplement "bon vent, bonne route, lance-toi et assure, bonne chance Charlie Vettuno !"

Tuko : Oui, dans un sens, c'est un peu comme si nous incarnions Charlie Vettuno, c'est une représentation fictive de nous deux dans notre cheminement artistique.

Mysoul : Durant les quelques jours que vous avez passés en Europe, et en particulier à Paris, avez-vous eu l'opportunité de rencontrer des artistes français ?

James Jet : Non, malheureusement... C'est vrai que c'est dommage. Mais j'espère que nous aurons l'occasion de le faire la prochaine fois que nous viendrons. Ça serait vraiment cool.

Mysoul : Est-ce que vous connaissez déjà, du moins de réputation, quelques artistes français ? Et s'il vous plait, ne me répondez pas David Guetta !

James Jet : (rires) ah ah ah, David Guetta !

Tuko : On connait le groupe Phoenix. On les adore d'ailleurs. Vraiment, ce groupe déchire ! Et je me souviens avoir beaucoup entendu de rap français à une époque, genre au début des années 2000. Je n'en ai pas écouté récemment, mais à cette période, comme nous avons beaucoup d'amis qui sont aussi dans le milieu de la musique, j'ai pu découvrir grâce à eux pas mal de rappeurs français, et pas mal de producteurs français également.

Mysoul : Pour conclure, histoire de faire écho à votre dernier titre "Keepsake", quel "souvenir" particulier allez-vous garder de votre séjour en France ?

James Jet : Pour moi, le meilleur souvenir restera le soir de notre premier show à Paris. Après le concert, nous avons eu la possibilité d'être invité à l'endroit où Raphael séjournait. C'était un endroit incroyable. Nous avions une vue sur tout Paris, sur la Tour Eiffel, et comme c'était notre première venue ici, c'est à ce moment là qu'on a pleinement pris conscience de la chose, qu'on s'est dit : "c'est fou, on est vraiment en France, là !". On a pu monter sur la terrasse, et on a pu voir la Tour Eiffel s'illuminer, on est resté là bas toute la nuit, à manger, danser et faire la fête !

Tuko : Il y avait du champagne, de la musique, notre arrivée à Paris a été retentissante ! C'est vraiment inoubliable.

L'actu de Tha Boogie :

- EP "Good Luck Charlie Vettuno" (prochainement disponible en digital sur Itunes)



- A voir : la vidéo de "Radio" du groupe Musically Challenged, produit par Legin aka James Jet :



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