Amy Winehouse, Our Day Will Come (tribute video) + Lioness : Hidden Treasures (review)


Lioness : Hidden Treasures, the posthumous third album by the late Amy Winehouse will be released in France on December 5th. My thoughts ? An absolute must buy, if you happen to be a loyal supporter of the eccentric Soul diva, this collection of rare or previously unreleased items won't disappoint. But does it actually hide a secret gem ? Most definitely, in the form of an exotic rendition of 60's R&B hit "Our Day Will Come", of a flawless new composition, "Between the Cheats", reminiscent of classic Doo Wop anthems (which became Amy's signature sound), and of the album closing track, a dazzling cover of Donny Hathaway's "A Song For You", on which Amy's voice reaches new heights, and adds to the legend of this irreplaceable icon of contemporary music.
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De la necessité, de l'urgence, de l'intêret même, de commercialiser un album posthume moins de cinq mois après le décès d'un artiste - aussi estimé soit-il - d'aucuns s'interrogent. Après l'accueil plutôt mitigé réservé à Michael, septième opus de Michael Jackson pour la major Sony Music paru à l'hiver dernier, c'est Universal Music qui dégainera à son tour, en ce début Décembre, l'un de ses fameux "trésors cachés". Une période de fêtes d'ordinaire extrêmement propice à l'industrie du disque, qui devrait sans surprise permettre à la regrettée Amy Winehouse de venir damer le pion à la si douce et si sage Adele au sommet des ventes de disques, elle dont la blondeur et la discrétion se sont imposées en 2011 comme la parfaite antithèse à sa sulfureuse compatriote aux cheveux de jais.

Après le succès étourdissant de son deuxième album Back To Black, publié il y a cinq ans déjà, l'artiste s'est laissé emporter dans le tourbillon de son existence chaotique. Un troisième opus à longtemps était attendu, puis fantasmé par une partie de son public, spectateur impuissant de son dépérissement, via la presse tabloïd dont elle fut la tragique héroïne, puis via la scène, où elle n'était plus que le fantôme de la diva gouailleuse qui s'était révélée au monde à l'aube des années 2000.

S'il fut question, en 2010, d'un successeur à Back To Black - teinté de fortes influences Reggae - sur lequel Amy aurait travaillé lors de son long séjour à Sainte Lucie, ce n'est en rien ce projet, mort-né, que nous découvrirons dans les bacs ce 5 Décembre. Même si le morceau d'ouverture en prend la tournure, avec cette subtile reprise, que dis-je, totale réappropriation, d'un hit R&B enregistré par le groupe Ruby And The Romantics en 1963. On y retrouve les sonorités rocksteady qu'Amy Winehouse affectionnait tant, mais le titre fut en réalité enregistré en 2002, alors que la chanteuse concoctait son premier album Frank, avec l'aide du producteur Salaam Remi.



Si Lioness : Hidden Treasures ne contient que quelques rares compositions originales inédites, nous rentrons très vite dans le vif du sujet dès le deuxième morceau, "Between the Cheats". La production impeccable de Salaam Remi nous rappelle que la paire n'avait pas son pareil pour donner vie à d'irrésistibles "jukebox songs", ces hymnes dans la plus pure tradition Doo Wop, éblouissants de par leur classicisme. Comme si nous avions embarqué dans la DeLorean du Doc Emmett Brown pour un retour vers le passé, instantanément téléportés en plein âge d'or du Rhythm'n'Blues, l'ère des groupes féminins façonnés par Phil Spector et de la dominance de la machine à tubes de Berry Gordy.

Car telles sont les bases du répertoire d'Amy Winehouse et de son acolyte Salaam Remi. Enracinée dans le passé, la musique de nos duettistes devient étincelante quand elle s'acoquine avec un registre bien ancré, lui, dans notre présent. Ainsi, la rencontre entre notre diva et son idole Nas (le fameux "Mr Jones" auquel elle faisait allusion sur l'un des titres de Back To Black) ne déçoit pas. "Like Smoke", Jazz/Rap sur lequel les inflexions mélancoliques de la chanteuse répondent au flow incisif du MC de Queensbridge, est donc l'autre belle surprise de cet opus.



"Halftime", la collaboration avec le batteur ?uestlove, avec lequel la chanteuse projetait de monter un Supergroupe, s'inscrit elle dans la tradition Jazzy Soul qu'elle avait si bien affiché tout au long de l'album Frank. Mais alors, le vrai trésor de cet album, où donc se cache-t-il ? Tout simplement dans le grandiose morceau de clôture, une revisite façon diva torturée d'un des plus grands standards Soul qui soit : "A Song For You", de Donny Hathaway. Sur une nappe de violons fastueux, la voix d'Amy atteint des sommets de gravité et de magnificence. On pense à Nina Simone, évidemment, à Shirley Basset aussi, et on sourit crânement en songeant à tous ces ersatz, ces jeunes louves surmédiatisées qu'on essaye déjà de nous vendre telles des produits de substitution, elles que le timbre si atypique de la brune incendiaire balaie pourtant en à peine un susurrement, un scat ou une modulation. Que l'âme d'Amy repose en paix, sa Soul, elle, est loin d'avoir trouver une héritière digne de sa légende.

Plus d'infos sur Lioness : Hidden Treasures sur le site officiel d'Amy Winehouse.



crédit photo : Bryan Adams/Island Records.

1 commentaires:

  1. Anonyme a dit…:

    Très belle chronique, je suis pas fan d'albums posthumes d'habitude mais il est très réussi. J'adore between the cheats, la version originale de tears dry on their own, will you still love me très émouvante aussi. On retrouve aussi la Amy de back to black que de frank.

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