[RG 2011] Ma journee de reve, sous le soleil de la Porte d'Auteuil...


Une fois n'est pas coutume, je saisis aujourd'hui mon clavier pour m'épancher quelques instants sur mon autre passion, qui me procure un plaisir parfois plus intense encore que la musique : le tennis. Depuis aussi longtemps que je m'en souvienne, le tournoi de Roland Garros a bercé, dans mon foyer, le début des beaux jours et demeure un rendez-vous cathodique immuable, probablement induit par l'intérêt paternel pour cette petite balle jaune venant chaque année inexorablement frapper la terre ocre de la Porte d'Auteuil. Durant l'enfance, les finales de Roland Garros rythmaient aussi mes fêtes d'anniversaires, je me souviens en particulier de celle, épique, de 1989 qui avait vu triompher l'étonnant jeune tennisman américain Michael Chang face au suédois Stefan Edberg.

Âgé de 17 ans, il demeure le plus jeune vainqueur de l'épreuve, celui qui osa le fameux "service à la cuillère" lors de son match contre le numéro 1 mondial de l'époque, Ivan Lendl, en 8e de finale. Mythique.Tout comme l'est pour moi Roland Garros, et son lot de souvenirs qui a accompagné ma scolarité (que l'étudiant qui n'a pas révisé son bac ou ses examens de fin d'année devant un match me jette la première balle jaune). De la sueur, de la tension, de la passion, des renversements de situation, des scénarios palpitants, ce tournoi a aussi révélé de sacrés personnages qui furent, à mes yeux, de véritables héros, au même titre d'ailleurs que les musiciens qui me font vibrer peuvent l'être.



Ceux-là m'ont aussi fait chavirer, mais avec d'autres armes. La puissance de l'américain Jim Courrier et sa casquette vissée sur la tête, la décontraction et la charisme de Gustavo "Guga" Kuerten" : je garde encore en tête leurs multiples sacres et l'image de ce cœur dessiné par deux fois par le brésilien sur la terre battue du court central, en 2001. Depuis 2005, évidemment, je suis aussi, avec une admiration encore plus appuyée, les exploits de celui qui réunit l'ensemble des qualités de ses illustres prédécesseurs au palmarès du tournoi : "Rafa" Nadal. Boulonnaise d'adoption depuis maintenant trois ans, je n'avais pourtant jamais pu saisir l'occasion d'aller admirer les coups d'éclats et de génie de ce champion déjà rentré dans la légende du sport, lui qui les réalisait pourtant chaque années à quelques encablures de mon domicile.

Je pensais même mon rêve insaisissable, jusqu'à ce mail providentiel, reçu la semaine passée. Telle une bonne fée agitant sa baguette magique, la responsable de la communication online du Groupe France Télévisions m'a ainsi offert l'inaccessible, et exhaussa un vœu pieux : l'occasion de voir enfin Rafa Nadal en action, le super héros dont chaque geste depuis 6 ans est  pour moi synonyme d'émerveillement, qu'il les accomplisse sur tous les terrains du monde ou, accessoirement, ici :



14H10, samedi 28 Mai 2011. Je prends place sur mon siège dans la très chic loge France Télé du court Philippe Chatrier, qui m'offre une vue privilégiée sur le central. En bas, à quelques mètres, je le vois enfin à l'œuvre, pétrie d'admiration, des étoiles plein les yeux. Je savoure alors chaque seconde car un bref coup d'œil vers le tableau des scores m'indique que le plaisir sera de courte durée. Malgré un début de tournoi très poussif pour mon champion, cette fois, "Rafa" n'a pas fait de quartier face à un joueur de niveau très modeste, le croate Antonio Veic, destiné à servir d'expiation aux doutes qui l'assaillent. Depuis ses deux finales consécutivement perdues face à l'ogre Djokovic, de surcroît sur la surface dont il était jusqu'alors un maître sans rival, tout se bouscule dans la tête du majorquin. Pas aujourd'hui.



6-1, 6-3, 6-0, à 14H20 et des poussières, Rafael Nadal salue, triomphant et soulagé, les spectateurs du court central, dont les gradins ne sont pas encore pleins. Ils se rempliront par la suite pour encourager le français Gilles Simon, qui a validé son billet pour le tour suivant de manière si aisée qu'il fut assez fringant pour revenir quelques heures plus tard, disputer un match en double mixte !



Entre deux matches, petit détour dans les allées ensoleillées de la Porte d'Auteuil, dont la fréquentation, week-end oblige, était digne d'un couloir du métro aux heures de pointes. Petite déception, les prix exorbitants affichés dans les boutiques officielles du tournoi, dont le moindre objet flanqué du logo "Roland Garros" se paye au prix fort. Tellement abusif que je reviendrai chez moi les mains quasi vides, avec pour seul souvenir la gazette quotidienne du tournoi, gracieusement offerte en loge.



Après un détour vers le RG Lab 2050, sorte d'expérience d'anticipation qui nous donne un aperçu très futuriste de l'évolution du stade dans les décennies à venir, je retourne assister au dernier match de la journée, guidée par les cris de l'ancienne n°1 mondiale Maria Sharapova qui résonnent dans les allées. Un ultime décroché vers l'extérieur du court n°1 me permet d'admirer une dernière fois l'extraordinaire domination de Rafael Nadal dans ce tournoi qui est devenu son antre.



En écoute : Natasha Bedingfield - Unwritten (acoustic version feat. Carney).

Autour de la façade, le nom de tous les vainqueurs de Roland Garros (tournoi masculin et féminin) est en effet gravé dans la roche, avec ce "Nadal" inscrit en continu de 2005 à 2008 inclus, puis à nouveau en 2010. L'espace réservé aux futurs champions 2011 est encore béant. Pour Rafa comme pour ses potentiels successeurs, une partie de l'histoire reste encore à écrire...

I break tradition
Sometimes my tries
Are outside the lines,
We've been conditioned
To not make mistakes
But I can't live that way [...]

Reaching for something in the distance
So close you can almost taste it
Release your inhibitions
[...]

Live your life with arms wide open
Today is where your book begins
The rest is still unwritten.
Natasha Bedingfield - Unwritten (Unwritten - 2004)

Pour vivre la suite et la fin du tournoi 2011, rendez-vous sur le site officiel : www.rolandgarros.com

Tous les matches, à suivre sur roland-garros.sport.francetv.fr

2 commentaires:

  1. mcbright a dit…:

    Incroyable Emily!!! A la lecture de ton article j'ai cru lire limite mes propres souvenirs vis a vis du tournoi. Comme toi le premier souvenir que j'ai de Roland Garros c'est la victoire de Chang en 1989 et me je me souviens également très bien de l'époque Courier Agassi , mais j'ai surtout été conquis par Guga, j'adorais le voir jouer, il me manque bcp aujourd'hui! Hallucinant nos points communs respectifs Roland Garros , Ray ray, le gout pour l'image notamment la photo.J'espère qu'au aura l'occasion d'échanger à batons rompus sur ces sujets! Atrès bientôt j'espère!

  1. Emily a dit…:

    Salut Mcbright ! Et bien que dire ? Si ce n'est que c'est pour ce genre de commentaire que je prends autant de plaisir à partager mes passions sur ce blog ! Effectivement, ça fait pas mal de coïncidences dans nos goûts et nos souvenirs respectifs. Peut être aurons nous l'occasion en effet d'en discuter plus amplement, qui sait ? Merci encore pour ton message et à très vite sur mon blog ou ailleurs sur la toile ;-)

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