Et l'As de Trèfle eut 40 ans... 2009 : quels héritiers pour Claude MC ?


Last thursday, one of France's most famous lyricist, MC Solaar, turned 40. Yes, how time flies...I thought it was time mysoul payed tribute to one of the greatest French rappers of all time, who paved the way for a whole new generation of mcs. You can stream two exclusive playlists I have especially made up for you to enjoy. The first one consists of rare or non album tracks, plus some great collaborations with The Roots ("I'm Doin' Fine") and Incognito ("Solaar Power") recorded for the international version of "Prose Combat" (1994). The second is a very personal selection of French Hip Hop artists of the new generation, with a style similar to the one of the great Claude MC. Hope you'll make some interesting discoveries and enjoy the mix. Don't forget to check out the videos I have enclosed inside the French post. You'll be able to see, among other things, MC Solaar perform with Missy Elliott !
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Adulé ou raillé, considéré par certains comme l'un des piliers du rap français, par d'autres comme celui par qui le mal est arrivé, MC Solaar n'en demeure pas moins, avec les plus politisés NTM et IAM, l'un des artistes majeurs du Hip Hop francophone. Il est aussi, sans doute, le plus "populaire" d'entre tous, avec tout ce que ce concept renvoie de flatteur (ouverture au grand public, diffusion de valeurs positives, émulation) mais aussi de péjoratif (comme cette avilissante performance, déguisé en Blanche Neige et chantant "Je voudrais être noir", pas plus tard que vendredi soir sur TF1 avec la troupe des Enfoirés, sur laquelle il est d'ailleurs préférable de ne pas s'attarder)

"A l'aube de son 6e album, MC Solaar est-il toujours un rappeur ?"
C'est la question, plutôt directe et brutale, que feu le magazine The Source se posait dans son édition datée de novembre 2003. Poussant l'audace jusqu'à mettre en couverture d'un titre de presse dite spécialisée, celui qui était déjà ouvertement décrié pour son côté policé, diamétralement opposé à la virulence des NTM. Le paradoxe Solaar, un "gendre rappeur idéal" ou "Monsieur Propre du Hip Hop", selon les mots du journaliste Hugo Van Offel, qui brossait malgré tout un portrait dithyrambique du MC suite à une rencontre de deux heures avec l'artiste.

Cette semaine, le 5 mars plus exactement, Claude M'Barali, aka L'As de Trèfle, aka L'Homme Que L'On Nomme Claude MC Solaar, a eu 40 ans.



Le 27 juillet 1991, le single "Bouge De Là" faisait son apparition dans les charts. Près de 18 ans se sont écoulés et malgré une carrière d'une longévité rarissime dans le rap français, courant sur deux décennies, et une discographie riche de 7 albums studios plus un live, MC Solaar n'a jamais véritablement été reconnu par ses pairs. Certes, le "métier" l'a maintes fois distingué : 4 Victoires De La Musique, prix de la prestigieuse Académie Charles-Cros en 1995 pour l'album "Prose Combat", et même une participation au festival de Cannes 1998 en tant que membre du jury. Mais en préparant cet article, le constat m'est clairement apparu. En dépit de l'héritage qu'il laissera au Hip Hop français, très peu de rappeurs se réclament de l'école MC Solaar.



En France, le succès est suspicieux. "Ouai, c'est ça, reste underground !" scandait IAM en 1994 sur la réédition de leur "Ombre Est Lumière". L'erreur de Solaar a surtout été de se couper du mouvement Hip Hop, de rester en permanence en retrait. Là où une Diam's, qui a pourtant rencontré un succès commercial identique et une couverture médiatique comparable, a multiplié les featurings et les apparitions sur tous types de projets et mixtapes, Claude lui, compte plus de collaborations avec des artistes de variété française (Jane Birkin ou Julie Zenatti) que d'échanges artistiques avec la sphère hip hop hexagonale. Dans sa discographie, les rares MCs a avoir eu le privilège de partager le mic avec lui semblent faire partie de son crew historique (Black Jack de Démocrates D, ou Bambi Cruz).

20 juin 2008, par une belle après-midi ensoleillée. Confortablement assise dans un fauteuil en cuir du Costes K, dans le très chic 16e arrondissement parisien, je sirote un smoothie à la fraise. Il se tient là, face à moi, souriant et laid back dans son treillis kaki. Il ignore quasiment tout de moi, en particulier le culte que je lui vouais à l'adolescence, moi qui fut fascinée par sa prose, façonnée aussi, dans mes écrits, par sa sagacité et son sens de la rhétorique. "L'NMIACC D'HTCK72KPDP", "Claude MC prend le microphone genre love story raggamuffin", "Naguère les concierges étaient en vogue", "Elle se baladait, en chantant lalala"... Tout se télescope dans ma tête. Quelques minutes avant, nous faisions un zigzag de l'aisé sur les Champs Elysées, lui au volant, moi côté passager, et le responsable de cette rencontre, aussi improbable qu'impromptue, sur le siège arrière. On reste là, durant des heures, je sirote des smoothies, en écoutant de la lounge music, on parle de tout, de rien... Surtout de rien.

Est-ce parce que "Le Silence est d'or" que je me suis tue, ou par égard pour celui qui m'avait conviée à cette séance de chillin' improvisée (il faut savoir rester digne), toujours est-il que les questions qui me brûlaient les lèvres, à savoir s'il avait vraiment confondu South Park et les Simpsons dans "Da Vinci Claude", si, en 2008, MC Solaar était toujours un rappeur, et si, quelque part, cela ne le peinait pas de n'avoir pas obtenu le respect de la génération suivante (là ou Joeystarr et AKH sont vénérés), je ne les ai pas posées. De Hip Hop, il fut pourtant question, durant notre conversation. Celui des canadiens de Muzion (Back in da dayz), dont il fredonna la mélodie de "la vie ti neg". De quels clashs ou autres beefs du hip hop français, qu'il semblait suivre, même de loin, via des vidéos circulant sur le net. De cette unique rencontre, il me reste l'impression que Claude n'est finalement pas si éloigné de l'image d'Epinal que j'avais jusqu'alors, d'MC Solaar. Un garçon doux, généreux, loquace, drôle, et évidement, extrêmement érudit (la géopolitique et l'Afrique étant ses sujets de prédilections).



Jeudi dernier, le rappeur poète, héritier de Prévert, Queneau, George Perec, Boby Lapointe ou Gainsbourg, est donc rentré dans le club des quadras... Par cet article hommage, j'ai souhaité retracer les points forts de sa carrière, au travers de deux playlists. L'une composée de raretés, de coups d'éclats, mais aussi de collaborations prestigieuses, preuves de son rayonnement international.

L'autre tenant plus du pur fantasme, celle d'une relève imaginaire, parfaitement subjective, aucun des artistes présents, à l'exception de Philémon, ne s'étant réclamés influencés par l'œuvre d'MC Solaar.

Playlist n°1 : MC Solaar, l'héritage Hip Hop :



- Et Dieu créa l'homme (les Cools Sessions)
- Le Freestyle d'Obsolète feat. Les Sages Poètes de la rue
- Le syndrome de Stockholm (inédit paru sur le single d'Obsolète)
- Represent feat Carlos, Black Jack, Willy Roots, Mello Philo
- Zig Zag de l'aisé
- Un Ange en danger avec Ron Carter
- Solaar Power
- I'm Doin' Fine feat. The Roots
- Le Repas (Sens Unik feat. MC Solaar)

Playlist n°2 : Les héritiers


- Oxmo Puccino "Perdre et gagner"
- Hocus Pocus "Histoire d'une VHS"
- Réel Carter "Amour Suprême"
- Enz "Génération Bridget Jones"
- Baloji "Coup de Gaz"
- Abd Al Malik "Adam et Eve" feat. Wallen
- Grand Corps Malade "Pères et mères"
- John Banzaï "Rendez-vous"
- Orelsan "Gros poissons dans une petite mare"


Le système Solaar : L'école Jazz Rap + African Roots + Figures de style + Art du storytelling...

C'est grâce à l'héritage Jazz, que l'homme singe devient l'homme sage" rappe Claude MC sur l'un des ses plus sublimes morceaux, "Un Ange En Danger", enregistré pour les besoins de la compilation Red Hot + Cool Stolen Moments (1994) avec le contrebassiste Ron Carter. Si le jazz a influencé le répertoire de Claude, il n'en a pourtant pas l'apanage dans le rap français (on se souvient notamment du travail de son acolyte du 501 posse, Soon E MC), pas plus qu'il ne s'est jamais placé comme un gardien du temple Jazz Rap. Le rap cool, et musical, de Claude première époque, celle des Cool Sessions, de l'album "Qui Sème Le Vent Récolte Le Tempo", de certains titres de "Prose Combat" jusqu'à cette fameuse collaboration avec Ron Carter a pourtant creusé un sillon qui ouvrira la voie à d'autres lyricistes mélomanes. On peut citer, pèle-mèle, Kohndo, Hocus Pocus, Oxmo Puccino, Réel Carter, Enz ou Rocé...

Ci-dessous : MC Solaar, Soon E MC et Sinclair interprètent en trio une reprise de "Vieille Canaille" de Gainsbourg et Eddy Mitchell, sur le plateau de Taratata (attention, moment culte !) :



Outre cet amour incommensurable du jazz (il a d'ailleurs donné un récital au Théâtre du Châtelet en mai 2008 aux côtés de Roy Hargrove et Ron Carter), sa terre natale africaine a largement influencé le répertoire de Claude MC. Il paraîne le groupe Positive Black Soul, avec lequel il enregistre le titre "Rats Des Villes, Rats Des Champs" sur leur album paru en 1995, "Salaam". Également investi sur le terrain, et en particulier au Sénégal, pays qui l'a vu naître, il organise "La Nuit Du Rap" au Centre Culturel Français de Dakar. En septembre 2008, il s'engage pour venir en aide aux sinistrés des intempéries qui ont ravagé le sud du Togo, en se rendant à Lomé aux côtés du président de l'association "J'aide le Togo". On se souvient surtout du superbe clip d'Hijo De Africa, tourné au Mali, et extrait de l'album "Mach 6" (2003). Depuis, de jeunes artistes tels le MC belge Baloji (album "Hotel Impala") ou le slameur Apkass (album "En Marchant Vers Le Soleil"), ont également nourri leur répertoire de toute la richesse de leur culture africaine.

Ci-dessous, le clip d'Hijo De Africa :



Ici, un duo avec le chanteur sénégalais Youssou N'Dour, sur le plateau de Taratata, en 1995 :



Bien sûr, ce que l'on garde avant tout du style Solaar, c'est cette facilité déconcertante à jouer avec les mots. Sa maîtrise de la rhétorique, d'allitérations en paronomases, de métaphores en onomatopées, mais aussi son recours récurrent au name dropping et aux listes (surtout pour aborder son thème de prédilection, la nostalgie) ont construit sa légende. Aujourd'hui, ce procédé est souvent utilisé par les slameurs, dont l'écriture affûtée a permis à certains d'obtenir à leur tour la sympathie des médias.

Mais MC Solaar est surtout le maître incontesté du storytelling. Cet art de construire ses textes sous formes d'anecdotes, très scénarisées, que lui considère parfois comme du "Cinéma pour aveugles". Dès "Bouge de là", le rappeur nous embarque dans une succession de scènettes dans lesquelles s'illustrent des personnages bigarrés (Cassandre la voisine de palier, Lucie qui "aime les chiens les chats et 30 millions d'amis", le "charclo" du métro etc, etc...). Cette forme d'écriture a été adoptée par toute une génération de rappeurs décalés ou crossover, parmi lesquels on peut nommer l'artiste Kwal, qui se définit justement à la frontière entre la chanson, le rap et le slam, Orelsan, la nouvelle référence du genre, mais surtout Philémon.

Le MC nantais est le seul à ouvertement citer MC Solaar comme l'une de ses principales références musicales, et notamment l'album "Prose Combat" qui aurait été un véritable déclic pour lui à sa sortie, en 1994. Sur son titre "Sage, Fort Et Fier", il rend d'ailleurs un bel hommage au maître : "Une raison d'être fier de nos frères qui excellent, il faut du respect car chaque chef-d'œuvre est intemporel. Si tu viens du mouvement Hip Hop et que t'es plus d'ceux là, que t'ignores l'existence d'MC Solaar bah bouge de là".

Des parallèles entre Solaar et Philémon, on peut en faire beaucoup. D'abord, ce fameux recours au storytelling, aux anecdotes, aux listes, aux flashbacks nostalgiques. Son discours est également très souvent teinté d'humour, comme sur les titres "Allo Pin Up" ou "Nnnon". Sa choriste, Ludy Huxtable, possède la même fraîcheur que Melaaz à la grande époque de "Caroline". Autant d'éléments qui ont logiquement œuvré au rapprochement des deux artistes. En 2004, Philémon invite MC Solaar à participer à un projet d'album de duos (Mélancolique Opium). Ils enregistrent ainsi le titre "Petite Soeur", mais l'album ne verra finalement jamais le jour, certains des duos se retrouvant d'ailleurs au final disséminés sur les albums des artistes invités (K'Reen, LS) etc. Les deux complices se retrouveront finalement en 2007, Philémon ayant été convié à assurer les premières parties de la tournée d'MC Solaar, dont une semaine au Bataclan en décembre de cette même année. En février 2008, Philémon s'offre une résidence de deux jours au Réservoir pour soutenir son album "L'Excuse". Plusieurs artistes le rejoignent à cette occasion pour interpréter des duos avec lui : Humphrey, Kohndo, Wendy, Dan Kamit, mais aussi MC Solaar.

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Enfin, on ne peut rendre un véritable hommage à MC Solaar sans parler du rayonnement international de l'artiste. En 1993, il participe à l'aventure Jazzmatazz de Guru, et enregistre le désormais classique "Le Bien, Le Mal". En Angleterre, le label acid Jazz Talkin' Loud édite ses disques, et il enregistre avec Urban Species le titre "Listen" extrait de leur album éponyme, en 1994. En 1999, il participe au titre "All N My Grill" de Missy Elliott, remplaçant Big Boi d'Outkast pour la version européenne du single.





En 2004, le titre "La Belle Et Le Bad Boy", tiré de l'album "Cinquième As", est synchronisé dans le dernier épisode de la série culte "Sex And The City", dont l'action se déroule en partie à Paris.



Toujours au chapitre international, on peut également signaler qu'à l'apogée de sa carrière, en 1994/95, le succès d'MC Solaar à l'étranger était tel qu'une version spéciale de l'album "Prose Combat" fut éditée pour le marché anglophone. Elle contenait notamment le titre "I'm doin' fine" en featuring avec The Roots, et "Solaar Power", titre produit par JP "Bluey" Maunick, leader du groupe Acid Jazz Incognito.

5 mars 1969- 5 mars 2009 : d'accointances musicales douteuses en choix artistiques discutables, MC Solaar n'est désormais plus au Hip Hop qu'un lointain souvenir glorieux. Réputé de nature paresseuse, le rappeur littéraire a une fâcheuse tendance à s'endormir sur les lauriers d'une renommée acquise il y a presque deux décennies... Seule voie de rédemption, que l'un de ses dignes héritiers compose pour (avec ?) lui la partition d'un retour au sommet de son art rapologique. Alors seulement viendra le repos du guerrier...

Pour aller plus loin : www.solaarsystem.net (site officiel)

crédit photos : Philippe Bordas/Warner Music

7 commentaires:

  1. Boris a dit…:

    Salut, très bel hommage, BRAVO, pour répondre aux interrogations concernant la séparation du légendaire duo Solaar/Jay. Pour avoir demander il y à qqs jours (coïncidence !) à Jimmy Jay quand il comptais retourner avec Solaar, sa réponse fut la suivante : DEMANDE LUI...

    C'est donc Claude qui semblerait le bouder. Comme il l'a dit il y à qqs années dans une ITW, il préfere desormais provilégier les son originaux (BRCorporation) plutot que les sample...

    A suivre.

    Boris
    Blogmcsolaar.skyrock.com
    http://www.facebook.com/group.php?gid=47200903594#/group.php?gid=47200903594

  1. JB a dit…:

    Bravo pour cet article exhaustif et personnel. J'ai particulièrement kiffé l'anecdote sur la rencontre dans le 16e (au 16 de la Faisanderie ?). La prochaine fois, dégaine ton dictaphone !

    J'ai pas vu son passage aux Enfoirés vendredi soir mais ça fait froid dans le dos. J'ai toujours trouvé mal à l'aise au milieu de la "grande famille de la variété française", je serais vraiment curieux de savoir quel est son état d'esprit par rapport à ce monde-là. Une question parmi bien d'autres...

    Ha, et merci pour le commentaire que tu as laissé sur l'Abcdr, j'avoue que mon égo en est encore tout flatté. :)

    Bonne continuation,

    JB

  1. Emily a dit…:

    @ Boris : merci d'être passé chez nous. J'ai lu quasiment tous les articles de ton blog pour préparer mon article, ça m'a été d'une grande utilité donc bravo pour ton travail et ta passion pour l'œuvre de Claude. Je suis ravie aussi de constater que tu as offert une vitrine à Philémon via ton blog, c'est un artiste très brillant, que j'ai également souhaiter mettre à l'honneur ici. J'espère que le titre "Petite Soeur" fera l'objet d'une commercialisation un jour au l'autre...

    @JB : Enorme, je viens de voir que tu nous a fait l'honneur de nous citer en home de l'ABCDR, on en est toutes retournées ! Merci beaucoup pour l'écho que tu as donné à notre article. Pour ce qui concerne l'anecdote de ma rencontre avec Claude, j'ai essayé d'être concise mais cela reste l'une des rencontres artistiques les plus marquantes de ma courte vie. C'est un garçon attachant, et vraiment, vraiment simple (quand on a la possibilité de l'approcher). Le hic, c'est qu'il est un peu dans sa bulle. Mais je crois que même si j'avais eu un dictaphone sur moi, je ne l'aurais pas sorti (il y a un temps pour tout) donc c'est sans regret. Je croise les doigts pour que ma route recroise la sienne un jour et promis, si ça arrive, je lui parlerai en priorité de l'ABCDR !!!

  1. Boris a dit…:

    Pour te répondre, Petite soeur sera présent sur le prochain album de Phil qui à été reporté (il devait sortir déjà à la fin de l'année dernière) en raison d'un bug informatique.....

    Répond moi sur mon blog stp

  1. VRAIRAP a dit…:

    Salut!
    Déjà trés bel article et belle rencontre!
    Ensuite je ne suis pas tout à fait d'accord sur certains points.Dire que SOlaar n'est pas reconnu par ses pairs est faux!Tous les artistes des années 90-2000 reconnaissent sont talent .Et meme si cela ne se fait pas au grand jour,Disiz La peste,Youssoupha,Bakar,Kery James,Diams et mm les psy4 de la rime ont tous étaient influencé par les pionniers dont solaar.Sans parler des anciens Iam¨PAssi ,sages Po qui le respectent énormément!Aprés il est clair que le "pseudo rap" quont médiatise aujordhui,cette abominable excroissance ,ne peut se dire concerné par un maitre artiste indépendant malgré tout/
    Enfin "Solaar est il tjs un rappeur" est un faux débat.Ce serait nier tt lexistence dune branche du rap dont il est le détonateur.solaar vient de la rue,dénonce,critique,réfléchi et surtout souvre a tous les types de musique,en y ajoutant sa touche de rappeur.Il a tjs aidéa developper le mouvement(cool session,sagespo,kery B,Philemon)mais maintenn av l'age il privilégie sa famille.
    Esperons que 2009 signera sont retour,avec des featuring de Vrai rappeurs reconnus(comme ta mi plus bas) pk pas rever?
    En tout cas bravo et vive l'art des mots face aux maux et n'oublion sjamais que le rap n'a rien à voir avec ce quon entend en radio.....

  1. Emily a dit…:

    Hello VRAIRAP. Merci pour cette réaction très intéressante. Mais je me sens obligée de te répondre. Je veux bien te croire que Disiz, Youssoupha ou Diam's respectent Solaar (comment oser dire le contraire, mis à part Booba, par pure provoc'?), mais jamais, dans les interviews, quand on leur demande quel artiste leur a donné envie de faire du rap, il ne vont te répondre en premier "MC Solaar". Diam's est super fan d'NTM, ce sont les premiers artistes qu'elle cite dans ses influences. Le seul dont j'ai le souvenir qu'il s'est spontanément réclamé de l'école Solaar est Philémon, dans une interview que j'avais effectuée il y a plusieurs années pour un webzine et qui m'a expliqué que le disque "Prose Combat" (et bizarrement pas "Qui Sème Le Vent") avait été pour lui une vraie révélation.

    De plus, il y a une marge entre reconnaître le talent de quelqu'un et se dire influencé par sa musique... Ne trouves tu pas très étrange que tous les artistes que tu citent collaborent régulièrement entre eux, posent sur des mixtapes, des projets confidentiels autant que des grosses sorties, mais que Solaar, lui, ne fait rien (mis à part les Enfoirés, et on a vu à quel point c'était pathétique). Est ce une volonté de sa part, de se couper du mouvement Hip Hop, ou est ce que tout simplement, personne ne l'appel pour poser sur une mixtape, collaborer sur un album ?

    Enfin, le débat "Solaar est il toujours un rappeur" n'a pas été lancé par moi mais par un magazine (que j'ai cité) qui avait fait sa couv' avec cette question et dont j'ai retrouvé un exemplaire chez moi au moment où je préparais cet article. Le mot "TOUJOURS" est très important car cela ne nie pas tous les accomplissements de sa carrière passée (brillante), mais plutôt ses choix artistiques actuels, beaucoup plus discutables...

    Et pour ce qui est d'aider les jeunes artistes, encore une fois, je veux bien te croire, mais son implication date des années 90 (Cool Session est une initiative de Jimmy Jay, je ne connais pas le degré d'implication de Claude sur le projet, même s'il y est très présent, sur un titre et dans les interludes), Kery James était ado, Sage Po c'est pareil c'était à leur début, tu peux aussi citer Démocrates D etc... Par contre, Philémon c'est l'inverse. C'est lui qui est allé chercher Solaar, il y a quelques années, pour qu'il collabore (comme d'autres rappeurs ou chanteurs) sur un projet d'album qui n'est finalement pas sorti. Après, le prendre sur sa tournée est un petit coup de pouce, certes, mais il ne l'a pas invité à Taratata ou signé sur son label... Et quand on regarde les rares featurings sur les albums de Claude depuis son divorce avec Jimmy Jay, on se demande si sa volonté est vraiment d'aider de jeunes talents...

    Voilà pour les clarifications, maintenant, bien évidemment je suis d'accord avec l'essentiel de tes propos. Et c'est pour réhabiliter MC Solaar que j'ai souhaité lui rendre hommage sur le blog, car il a non seulement eu un impact indéniable sur la musique urbaine, française mais aussi internationale, mais il a aussi, à titre personnel, eu un immense impact sur moi. Je n'ai pas été initiée au rap par NTM et IAM mais bien par lui, et à ce titre la, il a un petit peu quand même, changé ma vie. héhé :-)

  1. Anonyme a dit…:

    En me baladant dans les archives de mon webzine préféré l'Abcdrduson, je suis tombé sur cet article hommage, dont je salue la qualité.

    Amoureux du rap, j'ai souvent tendance à oublier Claude MC, notamment lorsqu'il s'agit de se remémorer les morceaux de rap français qui m'ont le plus marqué (comme je l'ai fait récemment pour participer au vote organisé par l'Abcdr). Et pourtant, si j'en suis venu à écouter du rap, c'est grâce à lui, ce formidable manieur de mots accompagné par les samples magiques de Jimmy Jay.

    Je connais les paroles de ses 2 premiers albums quasiment par coeur (et c'est presque pareil pour "Paradisaique"), tellement ils ont tourné dans mon walkman (autre époque...).
    Mais la paresse artistique de Claude M'Barali depuis le début des années 2000 m'a lassé, et la rupture a été consommée avec le dramatique "en string, en short ou en djellabah, comme on le dit là-bas, bébé inch'allah".

    A tel point que je n'ai même pas profité de Solidays 2008, où j'étais, pour aller l'écouter, par peur qu'il oublie de jouer ses vieux morceaux. Inimaginable il y a 10 ans, quand ses albums rythmaient mes journées.

    Bref, merci beaucoup pour cet article, réminiscence d'un artiste qui occupera toujours une place particulière dans mon affectif, même s'il a aujourd'hui disparu.

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